Combien de fois avez-vous dit «il faut» aujourd’hui ?

Hélas, je crois bien l’avoir déjà dit plusieurs fois…pas vous ?

Mine de rien, ce genre de tic de langage en dit plus long sur nous qu’il n’en paraît.

Parce que l’air de rien, ces petits mots de notre langage intérieur nous mettent une pression d’enfer. Et ce petit «il faut» est un vrai tyran !

Dès le matin, à peine sous la douche, une série de « il faut » nous mitraille le cerveau : « alors aujourd’hui il faut que je pense à faire les courses, mais pour cela il faut que je pense à faire une liste de course -mais du coup- il faut que je regarde vite-fait ce qu’il manque pour ce soir avant de partir au travail ! » et tout cela parfois même en passant du coq à l’âne comme si notre mental s’emballait : «il faut aussi que je rappelle à Paul de me rendre son rapport» , « Oh et puis il faut que j’appelle ma mutuelle avant midi »…… Au secours !!!

Ça y est, notre cerveau traite déjà plus de 7 informations à la fois, et c’est la saturation mentale ! Surchauffe de notre système !

Nous sommes à peine réveillés, que notre fichu mental a pris les manettes : stress, anxiété et tensions peuvent se déployer allègrement.

Ce « il faut » autoritaire s’impose à nous-même : « il faut que j’arrête de me ronger les ongles», comme à nos enfants «il faut que tu sois attentif en classe» , voire à notre compagnon «il faut vraiment que tu ailles chez le coiffeur» etc.
Bonjour l’ambiance !

La bonne nouvelle, c’est que notre façon de parler nous renseigne sur notre personnalité, et surtout sur nos besoins (genre: lâcher prise, respirer, être calme..)

Alors, que signifient ces autosuggestions autoritaires ? C’est ce que nous allons explorer.

  • «Il» : troisième personne du singulier. Grammaticalement, c’est une certitude mais ici, qui est-ce ? Une personne ? «Il faut que je me presse» : non assurément, il ne s’agit pas d’une autre personne puisque je parle de moi et que personne ne me l’a expressément demandé. Sinon je dirai «mon chef m’a demandé de me presser». Mais s’il s’agit bien de moi, pourquoi est-ce que mon “je” à disparu?

Il s’agirait donc du « il » neutre, impersonnel, placé à l’extérieur de moi mais suffisamment assez proche pour me le dire. C’est comme si une autre partie de moi me parlait.

Sans passer la frontière ardue de l’approche psychanalytique en explorant le surmoi, nous pouvons déjà constater que ce “il faut” n’est absolument pas exprimé en toute conscience n’est-ce pas? L’inconscient pointe son nez.

Grâce à l’éclairage de la PNL (Programmation Neuro-Linguistique) nous comprenons que notre langage interne structure notre pensée et façonne notre rapport au monde.
Les neurosciences démontrent que nous avons des programmes en nous (en quelque sorte comme dans un ordinateur mais bien plus malléable !) qui nous influencent vers nos réussites comme nos échecs. Notre neurologie se base sur nos apprentissages devenus automatiques, à un niveau conscient mais aussi inconscient: notre système nerveux organise et code nos apprentissages.

Décoder notre langage nous aide alors à mieux se libérer d’un réel trop étriqué voire oppressant. Nous pouvons changer de “lunettes” pour élargir notre vue d’ensemble et vivre plus sereinement.

  • «Faut» du verbe falloir, vient du latin fallere (faillir) à la troisième personne « faut » signifie «être de nécessité, de devoir, d’obligation, de bienséance». IL FAUT est une expression impersonnelle, qui indique que quelque chose est nécessaire ou doit être fait.

Il y a donc bien l’idée du devoir, d’une obligation que nous nous imposons à nous même, sans même que nous nous en rendions compte. Ce «il faut» devient un ordre lancé à nous-même, pas vraiment cool ni bienveillant admettons-le.

«Holà ! Tout doux l’ami» pourrions-nous alors nous dire, afin de relâcher la pression. Sauf que ce «il faut», nous le subissons souvent au premier degré. Pas facile de le mettre à distance pour le regarder dans les yeux…

«Il faut» nous presse, nous oppresse et nous stresse, nous dépêche et nous coupe de notre libre arbitre.

Mais que cache-t-il ? De la peur ? Des croyances ? Du manque de confiance en soi ? Un peu de tout cela en fait..
Ce petit « il faut » pointe son nez de temps en temps dans nos phrases ou nos têtes, mais il ne nous rend pas heureux !
Comme moi, j’ose imaginer que vous aspirez à une vie plus sereine, sans stress, à votre rythme et dans le respect de vous-même, ici et maintenant.

Et s’il devenait urgent de se libérer de cette petite voix qui nous dicte quoi faire?

Heureusement, nous avons toujours le choix ! Notre enfer c’est surtout nous-même! Et car celui parle ainsi fond de nous, en voulant tout contrôler et maîtriser : il a un nom ! Et il adore porter son costume qui brille de superman ou wonderwoman ! Oui, c’est lui ! c’est notre cher EGO : notre MOI JE rempli de bonnes intentions.

L’Ego est une pipelette qui sait tout ! Il s’exprime notamment par des « il faut », qui limitent notre modèle du monde et nos capacités d’adaptation. Il puise ses forces dans notre réservoir de croyances! Il nous coupe de notre intuition, en nous parlant sans arrêt, nous faisant douter de nous, des autres, nous culpabilise et nous empêche de passer à l’action. Car nous lui avons donné beaucoup trop de place!
La bonne nouvelle, c’est que nous avons toutes les clés pour redonner place à notre intuition, pour un langage authentique, connecté notre bien être.

Juste entre nous : je connais un moyen assez original et convivial qui mérite le détour…

Maël Maisonneuve
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