Instant présent et transport en commun

 

Ces moments passés dans les transports en commun nous paraissent parfois comme des temps perdus, des temps morts stressants, fatigants.

Investis autrement, ces espaces-temps nous offrent une opportunité de transformer par nous-même une contrainte en opportunité de bien-être !

Je suis justement en ce moment assise dans le train de banlieue.  Une contrainte parisienne qui peut aussi devenir une opportunité d’expérimentation sensorielle et de ma perception subjective du réel, autour de moi et en moi. J’ai toujours été fascinée par la notion de perception dans un environnement donné. J’aime cette expérience qui me rappelle combien nous sommes des caméléons en puissance. Pour cela il suffit juste de jouer à un changement de lunette sur notre regard.

De l’intérieur de soi à l’extérieur de soi.

Je suis assise dans un « carré » et le wagon est relativement plein. L’atmosphère est assez calme -c’est un privilège – et je regarde les personnes assises autour de moi, chacune absorbée dans ses pensées, dans un livre, ou le plus souvent dans son smartphone.

J’ai devant moi 20 minutes exactement, avec un grand privilège en Île-de-France car je suis assise: un temps à la fois court et long.
Je choisis de ne pas consulter les réseaux sociaux et je n’ai pas de livre.

   Ma situation présente m’offre la possibilité de prendre une décision, car j’ai déjà 3 manières de vivre ce moment.

  •     Soit en laissant mes pensées s’envoler vers mon futur proche en me projetant dans ma destination et dans le rendez-vous auquel je me rends. Rien que d’y penser, je prends déjà conscience de mon léger retard avec une sensation de trac pour ce rendez-vous professionnel. Je m’écoute et l’idée de me faire une visualisation créatrice de mon rendez-vous,  ne me convient pas à cet instant précis car j’ai davantage besoin de me détendre  que de me motiver. Les choses se passeront bien puisque je me sentirai bien.
  •     Soit, je me focalise sur mon passé, en laissant mes pensées me ramener à des souvenirs récents ou plus lointains, agréables ou contrariants. Je pourrai ressentir des émotions variées, le passé en tant que ressource, mais souvent s’y accole nostalgie, ou encore mal-être. Décidément, me concentrer sur mon passé aujourd’hui n’engendre pas chez moi une idée de bien-être.

            Car il s’agit bien de cela : optimiser ce moment comme un moment de bien-être à part entière.

  •  Alors j’arrive rapidement à la dernière option, celle que je préfère expérimenter, oui celle du fameux « instant présent » : célébrer le « ici et maintenant », sans aucun effort, en accueillant ce petit -juste là- assise dans ce train-  tel un espace spatio-temporel suspendu d’une activité à une autre.

 20 minutes s’écoulent plus rapidement que prévu, je suis entourée d’inconnus plongés dans leurs pensées, chacun dans son réel. J’observe et vous livre ce moment qui n’aura lieu qu’une fois, instant paradoxal et éphémère du quotidien qui m’ouvre une parenthèse d’éternité.    

Il y a beaucoup d’hommes aujourd’hui autour de moi, mais cela m’importe peu. C’est ainsi, et je ne désire pas laisser mes pensées analyser quoique ce soit. Juste regarder les gens tels qu’ils sont autour de moi, non pas pour critiquer, ni comparer, ni projeter ou essayer de leur inventer une vie.
Non, juste pour les accueillir tels qu’ils sont, avec une juste distance, que cette énergie calme au fond de moi semble générer.
Accueillir l’instant présent c’est si simple et compliqué à la fois.

Le présent offre ses couleurs singulières et son atmosphère. Il est connecté à ma respiration, mon souffle: il peut donner le tournis car il est déjà fini . Furtif, il m’offre la pleine conscience de mon intériorité ouverte à mon environnement.

De ma bulle transparente, je regarde le monde, juste ça et rien de plus. Dans ce train, je choisi un présent qui pose un regard simple sur soi et les autres, un instant qui passe et renaît immédiatement. Il me centre, il m’ancre et me nourrit juste au gré de ma respiration.

Et c’est qui est génial, c’est que je me retrouve 20 minutes après, propulsée dans la foule de la gare valsant avec les métros parisiens qui s’enchainent. Malgré tout ce brouhaha autour de moi, rien n’a bougé au fond de moi : mon calme intérieur est intact.
C’est comme si j’avais une bulle de lumière autour de moi, rien de ne m’atteint mais à la fois je me sens si présente au monde.

Alors voilà, je voulais partager avec vous ce -tout petit cela- de mon expérience de train-train quotidien, ce petit rien et ce -beaucoup- ni plus ni moins.  Car c’est fou comme je me sens bien !

Maël Maisonneuve

Hypno-Coach contact@mm-lifedesign.fr